Chroniques du jour

De la solitude à la mémoire

 

Seul, je ne m’en sortirai jamais.

Seul, je ne pourrai pas vivre sans regard, sans paroles.

Seul, coupé du monde ? Ce n’est pas possible.

J’aurai toujours besoin d’une chaleur humaine, d’une référence pour avancer, me projeter, envisager un présent pour un futur.

Même si maintenant, on me larguait seul sur une île, je ne serai pas seul complètement. Pour moi, le vide n’existe pas. Je sentirai une présence à un moment donné si j’accepte de faire silence en moi. Pour certains, cela sera une entité. Pour moi, c’est Dieu. Mais là, c’est une autre histoire.

Je voudrais revenir sur le terme de solitude même en petit nombre ou dans la foule.

Dans un petit nombre pour un temps long, les liens se tendent, les émotions sont exacerbés, les énervements sont amplifiés. Seul ? Je ne pourrai pas faire face à une pression sociale. J’aurai toujours besoin d’une force, d’un soutien extérieur. Oh je pourrai peut-être pendant un temps mais je m’épuiserai, je m’enfoncerai. Je serai anéanti. Je ne vivrai plus. Cela serait complètement idiot de vouloir se relever avec la force de ses poignets. Pour moi, on tire de son énergie à se redresser à partir d’un fort souvenir, d’une phrase choc que nous aurions oublié. On se reprend en se mémorisant des valeurs que la famille, des proches nous ont apprises.

La mémoire quand je suis seul est primordial. Il me semble que cela pourrait être la même chose pour chacun de vous, non ?

Je parle bien de la solitude qui pèse, car bien sur, j’en ai déjà parlé, il y a aussi le besoin de s’isoler pour se ressourcer. Ces deux concepts n’entraînent pas la personne dans une dynamique.

Je repense aux jeunes, aux personnes qui pourrait dire : «  Je ne m’en sortirai jamais ». J’aimerai leur dire que c’est faux. Chaque personne à les moyens et qu’un tiers peut être là pour l’aider à fouiller. Je prendrai l’exemple de la maison :

La personne défaitiste aura sa propre maison instable malgré ses quatre murs avec un jardin complètement envahi par les ronces de son désespoir. Un tiers peur l’aider à désherber pour retrouver les outils, les matériaux pour rebâtir sa maison. Évidemment, l’image a ses limites mais ça vaut ce que ça vaut.

En gros, ne laissons jamais seul une personne s’enfoncer dans le dénigrement de soi et de pouvoir lui apporter des paroles justes, des gestes constructifs. Il pourra s’en souvenir par la suite même s’il n’a pas pris conscience sur le coup.

Y aurait-il un seul homme qui pourrait vivre seul pendant toute sa vie, sans contact humain ? Je ne pense pas. Puis se sentir seul et appeler à l’aide serait pour moi du courage, une preuve d’humilité et d’humanité. ( Bien sur, dans la vie, il faut se débrouiller par soi-même mais là, tout dépend dans quelle situation nous-sommes, dans quel contexte avec quels moyens nous avons)

 

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