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Dans la tête d’un recruteur

Ce matin, je reçois trois candidats pour le poste tant convoité.

J’ai bien préparé mes questions, les dossiers sont bien là.

J’espère que je trouverais la perle rare. Ah, voilà le premier annoncé.

Je m’en vais accueillir le candidat à l’accueil. Je le salue chaleureusement.

Juste pour mettre en confiance. Mais lui, reste bien stressé. Mauvais point.

Je l’invite à s’assoir. Il se met au bord de la chaise. En équilibre. Précaire.

Droit comme un i, il joint ses mains fermées sur la table. Méfiant ?

Je lui demande se présenter. Il m’étale son parcours. Je rebondis sur un point.

Pourquoi il y a un trou d’un an sur son CV ? Il bloque. Bon, Mauvais ça.

Il essaie de réfléchir par la fenêtre. Il veut s’enfuir ? Pourquoi continuer ?

Je tente une chance.

Je lui demande ce qu’il a comme engagement, comme passion.

Il répond du tac au tac. Je prends note puis il meuble le silence.

Je ne comprends rien.

Imperturbable, je lui demande ce qu’il peut apporter à la structure.

Pourquoi je le prendrais ?

Il s’embrouille. Il dit des choses assez banales.

Pas assez concret. Il n’est pas sûr de lui.

Je ne peux pas me permettre de l’embaucher.

Je clos l’entretien et le remercie.

Je le raccompagne. Il insiste pour que je le prenne.

J’informe que j’ai d’autres candidats.

Il m’a déjà épuisé.

Mais en recevant la deuxième personne 30 minutes après, je respire.

C’est une dame bien habillée. Je la reçois. Elle se met à l’aise, simple.

Elle attend mes questions.

Je lui explique l’intérêt du poste et l’environnement de l’entreprise.

Puis je l’invite à se présenter.

Elle parle de manière claire, précise, concrete.

Cela me rassure grandement.

Je ne fais pas paraitre mon contentement. Je reste impassible.

Je l’interroge sur ses compétences.

Elle m’en donne quelques-unes avec des exemples précises.

Je suis bien bluffé.

Après encore 10 minutes d’entretien, je la remercie.

Je donnerai ma réponse d’ici 5 jours.

Elle me serre la main de manière ferme et assurée à l’accueil.

Je suis plus serein. Elle ? A réfléchir.

Je range mes notes, relis le dernier dossier qui me semble très étoffé.

Mais reste à voir !

Dernier candidat. C’est un gars en costard et un sacré sacoche d’ordinateur.

Bien voyant.

Présentation du candidat avec un flot de parole

Et avec un air de suffisance qui m’insupporte.

Je le trouve bien trop à l’aise et trop sûr de lui.

Il me démontre qu’il est le meilleur à ce poste.

Je veux bien le croire. Je lui demande s’il a déjà travaillé en équipe.

Il me rétorque que oui.

Il me loue les bienfaits d’un travail en équipe, avec le goût du challenge.

 Il m’énerve de plus en plus.

Enfin, il me parle d’une entreprise d’une manière condescendante.

L’entreprise de mon beau-père.

Mais ça, il ne sait pas. De toute façon, on ne descend jamais ses derniers employeurs.

J’ai l’impression qu’il ne sait pas se remettre en cause.

Je ne veux pas de ça ici.

Bien j’arrête l’entretien. Je l’accompagne avec tact à la sortie.

Mon choix est vite fait.

Mais il me faut quand même laisser reposer tout ça.

Prendre le temps de mûrir mon choix.

 

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