L’hérisson devait parler au micro mais il s’est retourné à cause du trac.

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L’hérisson avait trop peur d’utiliser la langue de bois pour apostropher la nature. Son manager, obscure personnage, essaie de l’encourager, de le motiver, de le valoriser.

L’orateur commencait à s’hérisser des paroles du manager. Ses épines se déployaient encore plus. Puis revient vers le micro de paille. Il se sentit comme un épouvantail.

Puis il vit sa douce papillon et l’amour lui fait voler des mots qu’il n’aurait jamais imaginer dire.

La foule, en délire, lui envoya une rafale de gratifications.

Enfin, il ne s’était pas pris un vent de silence magistral comme l’été dernier.

Il put repartir rasséréné et soulagé.

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Le trac du hérisson

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Une photo, une histoire: Valentin – 3 et fin

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Le beau jour est arrivé. Tous les villageois sont prêts. Ils ont chacun leur rôle, à sa place. Personne n’envie l’autre car chacun a choisi ce qu’il a à faire selon ses possibilités, ses forces et ses faiblesses. La confiance règne après un immense travail de communication, de médiation de Valentin et de Gloria. Toutes les maisons sont décorées de fleurs des champs. La place du village est recouvert de draps blancs suspendus à des grands poteaux aux quatre coins de la place. Les enfants s’amusent sans crainte. Les vieux racontent des histoires aux jeunes. Puis des hommes et des femmes préparent un gigantesque repas mijotant dans d’énormes marmites. Un air de fête et de joie. Comme s’ils allaient accueillir le roi. Et pourtant, ils savent qui ils vont accueillir. En haut du clocher, trois adolescents regardent au loin pour guetter. A l’entrée du village, des hommes jouent du violon et du tambour.

Voici que des sifflets parcourent les rues du village. Les coeurs battent à cent à l’heure mais ils veulent y croire. Non, ils n’ont pas peur. Un peu d’appréhension. Les voilà, les brigands qui arrivent armés de bâtons. Leur chef est monté sur un splendide étalon. Au fur et à mesure qu’ils s’approchent du village, ils pensaient affronter des froussards, des rues vides. Ils se trouvent face à des musiciens et surtout face à Valentin. Le chef croyait pourtant qu’il était mort, détruit. A coté du cheval, Valentin reconnaît l’homme qui l’avait empoigné et jeté par la fenêtre. Il le salue comme un ami. Il souhaite la bienvenue en disant que le village était à eux. Déconcerté, le chef hurle de colère et tente de faire avancer son cheval pour tout emporter sur son passage. Étrangement, son étalon ne réagit pas. Le cavalier, enragé, descend et s’avance vers Valentin pour le frapper. Au dernier moment, il fut saisi et mis à terre par ses sbires.

Un grand silence. Pas un silence pesant mais de paix. Une sensation étrange comme si toute la haine avait été aspiré par la bienveillance des hôtes. Aucun jugement malgré le passé. Valentin relève le chef et lui offre son château. Certes, en ruines mais il se propose de le reconstruire avec tous ceux qui le souhaitent. Subjugués, une grande joie s’élève. Les langues se délient. Les fils qui ont mal tournés ont retrouvés leurs pères, leurs mères. Tous se réconcilient malgré les blessures. Rien ne s’oubliera mais ils acceptent malgré tout d’avancer ensemble pour un monde meilleur.

C’est ainsi que le village retrouve sa splendeur et illumine toute la vallée. Le château est reconstruit encore plus belle, accueillant et non majestueux pour éviter d’écraser les plus pauvres.

Valentin a repris ses activités d’accueil, de soin auprès de ceux qui ont le plus besoin. Il forme les jeunes en fonction de leurs capacités, leurs talents. Gloria coordonne les activités du village et surtout repère ceux qui ont des talents manuels.

Bien sur, comme dans toute histoire qui se finit bien, Valentin et Gloria se marièrent. Mais ils ne purent pas avoir d’enfants. Ils transmettent leur amour  à leur entourage, aux plus petits. Une autre façon d’être fécond dans un couple.

FIN

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Une photo, une histoire: Valentin – 2

Retraite Chalais (24)

C’est Gloria. Elle a eu le cran d’aller voir Valentin. Pourtant, son père lui avait interdit d’aller le voir. Par peur. La vie de Valentin a changé du jour au lendemain. Pendant que Martha s’occupait de la cuisine ou bien du ménage, Gloria stimule ses jambes. Elle les masse en le regardant d’un air confiant. Puis un jour, Il essaie de se lever. Un premier pas. Il manque de tomber mais Martha et Gloria le soutiennent. Tremblements et respiration forte. Chaque jour qui arrive, il fait un pas de plus. Valentin sent en lui une détermination à vivre et à se venger. Mais pas à se venger par la violence. Il a une idée derrière la tête. Il s’entraîne à marcher de plus en plus loin dans la maison. Quand la marche ne le fatigue plus, il prend la décision avec Gloria d’aller voir chaque habitant à la nuit tombée. Un à un pour parler de son plan. Pour sauver le village, pour relever la vallée. Il aime aller par la porte dérobée de son parc, le matin, pour espérer, car il a pleins de projets et de vengeance sereine.

De manière discrète, il prend le temps de visiter les peureux, les têtus, les solitaires. Il souhaite rompre le visage de l’ignorance, de la crainte pour aller à la rencontre. Bien sur, il se heurte à l’agressivité mais il prend patience. Il ne force pas la liberté de l’autre. Il tape juste à la porte, s’annonce et attend. Puis il reviendra sans cesse avec douceur et tendresse. Gloria a réussi à convaincre son père de préparer le plan de Valentin. L’hiver passe alors que chaque villageois a été interpellé par la vigueur et le courage de Valentin. Ils se sont tous préparés pour le grand jour. Cela se passera au printemps où ils devront affronter leurs peurs.

( A suivre…)

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Une photo, une histoire: Valentin – 1

Araia (3)

C’est ici qu’il regardait la foule passer au moment de ces douces rêveries du matin. Il aimait saluer ses voisins puis apercevoir Gloria. Gloria est la fille du dernier cordonnier du village. Il aimait inviter des inconnus à venir partager ses petits-déjeuners dans le jardin de son château familial. Ses domestiques, fidèles et loyales, rendaient le lieu agréable, enchanteur, paisible; Mais ça, c’était il y a un an.

Maintenant, Valentin est dans un fauteuil roulant. Son regard se perd dans le vide. De son château, il ne reste rien. Que des ruines! Tous ses fidèles serviteurs ont perdu leur travail et ont dû s’exiler avec leurs familles dans une région plus prospère. Il est hébergé chez une voisine, Martha, dévouée mais désemparée.

C’était un soir de novembre. Brumeux et froid. Une vingtaine de brigands avait assailli le château avec des torches, des bâtons. Tout s’était passé très vite. Valentin s’était fait tabasser et jeté par la fenêtre. Les bandits avaient menacé de mort les domestiques puis sont partis avec le butin dans la nuit. On ne les a jamais retrouvé. Les gendarmes n’ont pu rien faire car ils habitaient dans une région isolée, encaissée loin des grandes villes. Les villageois n’ont pas pu accueillir Valentin de peur des représailles. Seule Martha a eu le courage de l’accueillir dans le silence, dans la discrétion.

Valentin se laisse laver, dorloter. Martha le nourrit. Les jours se ressemblent. Mais un matin, une silhouette apparaît au seuil de la petite maison envahie par la vigne vierge. Le visage de l’infirme se détend et un petit sourire apparaît. Valentin se sent revivre.

(A suivre…)

 

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