Ambroise, Histoires...

Ambroise – Episode 8 ( FIN)

Même jour. Même heure. Je suis pétrifié. Je ne sais pas quoi faire. Yannick me vise, puis baisse son arme. Il me regarde d’un air satanique. Jamais je ne l’aurai imaginé dans cet état de folie maitrisé. « Alors, Ambroise, t’es revenu d’entre les morts. Je pensais que t’allais te faire écraser par une voiture tellement t’étais dans un black-out. Je vais devoir t’éliminer d’une autre façon. Tu m’emmerdes, tu sais. T’as toujours été en travers de ma route. Par l’héritage de nos grands-parents, tu vas avoir le château, puis tu as épousé la femme que j’aimais passionnément. Tu as été embauché à ma place. Je te hais Ambroise. » Je ne savais pas tout cela. Je n’avais rien vu. Je sentais juste qu’Yannick ne m’appréciait pas trop mais sans plus. Je reste silencieux. Je ne sais pas quoi dire. Mes jambes tremblent discrètement. Puis soudain, la lumière s’éteint. D’instinct, je plonge dans la cuisine et j’entends Yannick pester. Je me relève et me cogne violement contre la table. J’avais oublié celle-là. Abasourdi, Yannick me rattrape et me fout des coups de poing dans mon ventre. J’ai droit aussi à un méga-uppercut. J’ai l’impression que ma cervelle va partir sur le côté. Alors que je me sens perdu et tomber dans les pommes, j’entends un cri résonner dans la cuisine. Je perçois à peine l’ombre de Marc qui a frappé Yannick à l’aide d’une pelle de neige. La situation se passe pour le mieux. Je me redresse péniblement. Marc est parti réenclencher les fusibles.  Je monte à l’étage à la recherche de Barbara. Je l’appelle. Aucune réponse. Je panique un peu. «  Barbara ! ». Rien. Puis j’entends Marc m’appeler. Il est à la cave. Je dévale comme un fou les escaliers malgré mes vertiges. Barbara est attachée, inconsciente dans un lit, toute nue. Je vois des tas de bleus partout sur son corps et du liquide tout frais entre ses jambes. Une énorme colère monte en moi. Marc est allé chercher une couverture pour recouvrir Barbara puis la détache. J’appelle enfin les flics. Je prends Barbara entre mes bras. Sa tête toute brune et sale contre mon épaule. En larmes, j’arrive à lui dire que je suis là. Je lui demande de résister, de se réveiller et de survivre. Arrivée des flics et d’une ambulance. Je n’ai plus de mots.

Un jour. Une certaine heure. Quelque part sur un chemin de campagne. Barbara est à mes côtés, portant un enfant dans ses bras. Nous marchons silencieusement, heureux de notre nouvelle vie. Yannick a été condamné à 15 ans de prison. J’ai hérité du château et grâce au réseau de Marc, nous avons pu le réhabiliter. Nous y habitons pour notre plus grande joie. Surtout que nous accueillons régulièrement des familles en précarité sociale, des jeunes en galère. Nous organisons des formations, des stages d’art corporel et de musique. Notre maison est la maison de ceux qui passent pour s’y ressourcer. Nous abordons l’allée des platanes vers le château. A l’entrée, pleins de caravanes colorées et des enfants qui courent de partout. Notre enfant émerge. C’est Jacques notre fils. Pas le fils de Yannick. Nous avions du faire des analyses pour être sur. Jacques ? C’est en souvenir de Jacky décédée le jour où Barbara est sortie de l’hôpital.

Au loin, dans un champ, un épouvantail trône avec le bonnet vert, l’écharpe jaunâtre et la veste en cuir.

FIN

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