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Ambroise – Episode 2

Jeudi 14 janvier. 09h27. Shooté. Je suis shooté. Même pas la force de bouger un de mes doigts. Mes paupières peinent à s’ouvrir. J’arrive toutefois à sortir des pensées, des images. Depuis cette nuit, je me souviens. Un médecin était venu me voir avant que je sois mis sous calmant. Il était bienveillant à mon égard, comme s’il me connaissait. Des bribes de souvenirs me reviennent. Un château. Un visage d’enfant. Un puits. Je sens monter une angoisse à chaque fois que je pense à ce puits. Un puits en pierre, très profond. Ma respiration est saccadée. Je sens qu’on me touche la main. Des caresses qui remontent jusqu’à mon visage. Qui est-ce ? Ma vue n’est pas terrible à cause des vapeurs du somnifère. Je distingue une belle silhouette. Elle m’est connue. Un visage se dessine. Elle me sourit avec sa frimousse toute brune et ses yeux noisette. Une voix vibre dans ma tête : « Ambroise ».  Des larmes coulent sur mes joues. Je veux crier. Barbara. Je serre mes poings quand une secousse violente vient du fond de mes entrailles. J’émerge. Plus personne dans la salle. Une douleur se diffuse au niveau de ma poitrine. Une infirmière arrive pour me soulager. Hop, une perfusion.

 

Même jour. 17h00. Une personne est assise à côté de mon lit. Il a l’air de me parler mais je comprends rien ce qu’il me dit. Elle me connait, il me semble. Moi, non ! Alors j’essaie de lui parler, de faire jaillir un mot de ma bouche mais rien. Ceux qui viennent me voir croient que je ne comprends rien. C’est complètement autre chose. Je n’entends rien. Mais comment leur dire puisque je n’arrive pas à parler ?

J’essaie de ne pas me rendormir malgré les médicaments que l’on me donne. Je ne veux pas faire ces cauchemars qui me hantent. Ne plus revoir ce puits sombre et obscur.J’ai l’impression d’y tomber infiniment. Pas un saut de l’ange mais un saut du diable ? Vers un enfer de solitude et de mort. Ne plus songer à tout cela pour vivre. Je veux vivre et qu’on n’arrête de me droguer. Comment leur dire au monde réel que je veux revenir à eux et les entendre vraiment ?

 

Vendredi 15 janvier. 00h02. J’aperçois toujours cette petite lumière rouge au-dessus de la porte. Elle veille. Elle me surveille. Elle se diffuse à travers l’obscurité jusqu’à m’aveugler. Et m’enveloppe pour me jeter dans ce foutu puits sans fonds. Vertige. Je me réveille en sueurs sous une lumière discrète du couloir d’hôpital. Comment m’en sortirai-je ?

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