Nature, Photos, Poèmes

Délire au vert

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Je me mets au vert absinthe

Pour mener une journée sainte

Remplie de vert émeraude

Pour faire des maraudes.

J’irai crier au vert militaire

Et remuer ciel et terre

Pour colorier en vert jade

Les gens en rade.

Je me mettrai en vert perroquet

Sans être bien coquet.

Je goûte du bon pain

A la belle couleur verte sapin.

Mon estomac vert mousse

Rouspète et glousse.

Mes yeux verts bouteille

Se confondent sans pareil

Aux délires du moment.

Un vrai vert printemps.

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Nature, Photos, Poèmes

Nuances de bleus déjantés

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Presque-île de Crozon, Finistère, Bretagne

Bleu marine

Douceur caline.

Bleu stoique

Bien comique.

Bleu d’azur

Sans mesure.

Bleu vermeille

un intrus sans pareil.

Bleu canard

Tout peinard.

Bleu celeste

Pour faire la sieste.

Bleu de plomb

Sans être aplomb.

Bleu électrique

Se promenant sans fric.

Bleu horizon

sans perdre raison.

Bleu persan

Pour faire sans.

Bleu cyan

pour être inconscient.

Bleu givré

pour se faire livrer

du bleu de minuit

et dormir sans enduit.

Bleu breton

Juste pour finir le ton.

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Parc des oiseaux (207)

Un peu de couleur en ces temps gris

Un peu de douceur en ces jours rabougris.

Une pincée de joie malgré les douleurs

Une brassée d’humour malgré les malheurs.

Je ne t’oublie pas cher inconnu d’un jour

Je ne t’oublie pas ami de toujours.

De la puissance dans nos fragilités

Pour faire grandir nos rêves dans la réalité.

Oiseaux, Photos, Poèmes

De la couleur /Del color / Of color

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Héros ordinaires

Le petit Gulliver

Le petit Gulliver
Sur le rebord d’une fenêtre,
Rêvait un petit être
Avec une veste et des guêtres.
Il envoyait paître
Son ombrelle noire
Sur la vitre du soir.
Avec son chapeau de velours,
Il en faisait un abat-jour
Et éclaira son visage
Meurtri par les voyages.
Il s’appelait Gulliver.
Un comble pour un nain vert
Lui qui songeait à grandir
Avec ses pieds de cire.
Alors il se met à imaginer
Tel un géant au gros nez
Franchissant avec merveille
Les abîmes du sommeil,
Gravissant avec panache
Les sommets des vaches.
Mais Gulliver se réveillait
Parcourant ses papiers,
Relatant ses périples lointains.
Pour se noyer, il prend du thym
Et en fait de l’alcool très fort.
Il boit pour ne plus boire
Ses souvenirs du dehors
Et pour ne plus avoir d’espoir.
Soudain, une goutte d’eau
Heurta lourdement son dos.
Un parfum de rose se dégagea
Et une silhouette se dévisagea.
Une petite fée
Toute décoiffée
S’approcha sans tarder
De Gulliver hébété.
Ce dernier brisa la vitre
Avec son vieux pupitre
Et s’envola tout en riant
Avec la fée en criant
Les milles amours
Pour toujours.

figurine en porcelaine froid réalisé par Danielle (http://latribudanaximandre.files.wordpress.com/) En attente de confirmation de l’auteur si je laisse cette photo ou pas!

Extrait de « Murmures de la brousse sénégalaise », Vivien Laplane, Editions Bod, Lyon, 2013.

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Poèmes

Eveil dans la nuit sénégalaise

C’est la nuit noire.
Le vent se lève
Et fait choir
Des sons brefs
De branches mortes.
Toute une cohorte
D’arbres murmure,
Chuchote sur les murs
Envahis par des coléoptères.
Des scorpions surgissent de terre
Et embrassent des mulots égarés.
Un grondement sourd fait vibrer
Les ailes des renards volants.
Des fresques d’éclairs
Illuminent la savane claire.
L’orage s’avance, bien lent
Dangereux sur le village endormi.
Et la nuit passe,
Des choses se trépassent
Dans l’ignorance.
Le soleil en transe
Se lève, rouge tomate
Et chasse les automates
Nocturnes carnivores.
Le silence est d’or.

Extrait de mon livre « Murmures de la brousse sénégalaise », Editions Bod, 2013.

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Poèmes

Cent vingt six vers!

J’ai réalisé mon défi. J’ai eu 126 visiteurs donc j’ai du écrire 126 vers. Les voici donc!

Je m’élance
Sans nonchalance
Dans les vers à composer.
Mes neurones devront se reposer.
Voici qu’un mot m’échappe
Parti sous une chape
De silence fruité.
Puis une lettre
Sans guêtres
Fuit
Ici
Ou là.
J’entends son la.
Je lance la musique
Dans ma tête frénétique.
Des violons de syllabes me bercent.
Et un puissant tambour de grammaire perce
Mon imaginaire explosant des milles couleurs d’automne.
Une flûte traversière emmène loin mon vocabulaire monotone.
Une contrebasse d’encyclopédie me caresse avec énergie et vigueur.
Mes idées se libèrent et s’en vont tel des vapeurs de liqueurs.
Un chœur de baryton et soprano me bombarde de synonymes.
Une Alto me souffle quelques pléonasmes ou allégories.
Mais le chef d’orchestre me corrige et sourit.
Précision et justesse, veut-on m’inculquer.
Je respire, j’observe pour reluquer
Une magnifique pianiste de métaphores.
Mes yeux brillent comme un sémaphore.
Mes phrases s’embrouillent, n’ont plus de sens.
Le cor de brume m’apporte de l’essence.
Mais plus d’inspiration.
Saturation ?
Je lève les yeux.
Un adieu ?
Non, encore
Cent vers.
Mes pensées picorent
Dans un verre.
D’eau, bien sûr.
Quoique, un peu de mure.
Du sirop !
Un petit rot.
Une minuscule mars
Et ça repart.
Faux-départ.
Voilà bien !
Une guitare
De bohémien
Vibre sans tare.
Rythme de tonnerre.
Joie pleins de nerfs
Circulant hors des frontières
Pour toucher des pauvres hères.
Suspension du temps éphémère
Pour rompre les amours amères.
Venez donc danser sans mots
Avec vos rêves et vos maux.
Marchons en vérité
Et s’écouter en liberté
Dans un silence apaisant.
Un petit signe grisant
Pour rire sans préjugés
Sans vouloir se gruger.
Pourquoi se compliquer ?
Pourquoi écrire alambiqué ?
Tout simplement vivre.
Pour devenir ivre.
Ivre de petits bonheurs.
Maintenant, c’est la bonne heure.
Vivre ce qui nous semble essentiel
En ne comptant pas que sur le Ciel.
Faire un premier pas.
Les autres suivront sans trépas
Si tu continues avec confiance,
Sans peur de flancher
Et d’oser demander en conscience.
Savoir graver le plancher
Pleins de nos rêves et les réaliser.
J’arrête d’écrire.
Sans rire.
Mes doigts sont fatigués.
Vous m’alpaguez ?
Je suis un lâche ?
Un fainéant qui tache.
Diantre, c’est vache.
Mais dis donc je me fâche
Quel animal je suis ?
Un ours pleins de suie ?
Un cochon enrhumé ?
Un chameau enfumé ?
Ou bien un poulet bien rôti ?
Je rajouterai même
Que je suis un lézard
A tête de lion bizarre.
Avec des pattes de canards.
Au bec d’un perroquet pénard.
Je chante comme un crocodile
Et joue comme un pingouin qui deale.
Je débloque complètement ?
Oui, je deviens dément.
Dément pour jouer avec les sons.
Encore un dernier jet sans son
Où mes cris disparaîtront
Dans milles neutrons.
Ces molécules s’agiteront
Pour devenir des macarons.
Ou bien des macareux.
Splendide dessert
Ou piètre oiseau sans serres.
Vous me suivez encore ?
Vous voyez le décor ?
Il y en a guère.
Ou bien ça y était naguère.
Encore douze vers
A rédiger
Sans me mettre à l’envers.
Le ciel est mitigé.
A la fin de ma prose,
J’irai cueillir la rose
Pour ma belle.
Une fleur aux tendres décibels
Caressant ses oreilles
Pour lui dire sans pareil
Mes sentiments infinis.
Je crois
Que j’ai fini.

 

(Y en a bien 126, vous les avez recompté? 😉 )

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