Surdité

Handicap visible ou invisible?

Qu’est –ce qui serait plus aisé à vivre ?

Est-ce plus confortable d’être dans un fauteuil roulant et que les gens voient, constatent vraiment votre handicap ?

Ou bien d’avoir un handicap invisible qui vous gêne dans la vie de tous les jours, et que vous devez sans arrêt répéter aux « ignorants le pourquoi du comment ?

Je reconnais que c’est un peu schématique, c’est vite des raccourcis. Notre vécu du handicap est subjectif en fonction de notre histoire, de notre environnement social et familial. Puis tout est question du ressenti du regard de l’autre en fonction de nos fragilités extérieurs ou intérieurs.

Puis nos handicaps ne sont pas comparables.

Nos vécus ne sont pas mesurables.

L’acceptation de notre handicap est tout un chemin avec des joies et obstacles rencontrés.

Je voudrais témoigner mais ce n’est pas simple. Il me faut éviter de me faire griller sur la toile. Mais je tente le coup. Je ne voudrais pas tomber dans la victimisation, ou d’attirer la pitié. Que c’est insoutenable de sentir une pitié venir sur soi. Je voudrais juste être reconnu à ma juste place, à ma juste valeur. Ne pas excuser mes bourdes, mes erreurs parce que j’ai un handicap. Je suis un homme avant tout. Je ne me résume pas à l’handicap que j’ai mais il fait partie malgré tout de mon identité.

Allez, je me lance pour ceux qui ne me connaissent pas. Je suis sourd appareillé. Appareillé que d’une seule oreille. L’autre est foutu. Je suis en mode mono. Je suis appareillé depuis l’âge de deux ans. Grace à l’orthophonie, je peux parler et m’aider de la lecture labiale. Malgré mon audition très limité, je parle très bien. C’est une grande réussite. Mais c’est aussi un inconvénient car les gens qui ne savent pas que je suis sourd, peuvent croire que je suis idiot quand je ne comprends pas ce qu’ils disent. Handicapé de la communication. Merci de ne pas me sortir le refrain classique : «  Mais nous sommes tous des handicapés de la communication ». C’est trop facile et ça peut avoir le don d’agacer. Comme mon handicap se voit pas, les gens oublient de parler correctement, me parler d’une autre pièce ou de parler vite. C’est fatiguant parfois de faire rappeler son handicap. Je pourrais oser dire aussi que c’est humiliant.

 

Alors je souhaite un bon courage pour ceux qui vivent le handicap comme une lourdeur plus ou moins temporaire. Il est aisé de le vivre en fonction de l’environnement social, amical, familial et même professionnel.

 

 

Par défaut
Surdité

Face au Handicap

Parlons aujourd’hui du handicap.
Pitié, pas de: ” Nous avons tous un handicap!”. C’est une phrase à tout va et qui ne veut rien dire.
Le vécu du handicap est très subjective selon les histoires de chacun, de son environnement, de son éducation et bien sur de la société. 
Il y a des handicaps plus au moins visibles. Je sais, le mot “handicap” peut mettre mal à l’aise. Voulez-vous qu’on parle de déficience? 
Je voulais vous partager les forces que nous pouvons avoir malgré les déficiences. Ces forces surgissent bien sur selon les personnes et comment ces personnes les ont mis à contribution et comment ils ont été accompagnés. 
Ces forces, c’est la compensation du handicap.
Par exemple, pour un aveugle, il peut énormément développer le toucher, le ressenti de l’environnement plus que les voyants. Un sourd peut plus développer le sens de l’observation, le sens de l’esthétique. 
A quel moment je peux dire: ” Je suis une personne ayant un handicap”. Certains le sont mais ne se considèrent pas comme handicapés, déficients”. Et pourtant, dans la vie quotidienne, ils sont face à leur handicap dans des situations gênantes. 
En fait, ce n’est pas le handicap qui est gênant, c’est une certaine situation qui nous met en difficulté et le regard qui est porté sur nous. Bon, ok, je m’y mets un peu mais à un certain niveau.

Comment sommes-nous face au handicap?
Tout dépend de notre vécu, de nos expériences, de notre capacité à prendre de la distance face au malaise face à la différence.
Pour ma part, il ne faut pas différencier l’handicap avec le caractère de la personne car nous risquons de nier son handicap. C’est juste mettre la personne à sa juste place.
Il me semble important de voir que la personne est un tout comme une maison avec des fondements, des murs avec à l’intérieur, une ambiance subtile établie selon chacun. Nous pourrions dire que l’handicap, c’est qu’il manque un toit, ou bien il n’y pas de cuisine, il n’y pas d’eau courante ou pas de ligne téléphonique. Alors on trouve des solutions pour adapter selon les besoins de chaque maison. 
Je pourrai dire que ma maison est garni de portes vitrées, un grand salon pour accueillir pleins de monde, pleins de cartes et de photos qui ornent les murs mais la ligne téléphonique passe très mal et il y a une très mauvaise isolation sonore. Inutile de crier, les grésillements, les résonances se feront pire. Alors on se déplace pour être face à face. 
Donc pour ceux qui n’auront pas compris, quand un sourd/malentendant vous demande de répéter, pitié, ne parlez pas plus fort, c’est très désagréable. 
C’est comme si on augmentait la luminosité de la télévision auprès d’un aveugle! Très irritant, non?
Il est important de mettre des mots et de ne pas projeter sur ce que l’autre pourrait penser à travers ce que l’on fait, ce que l’ont dit. Soyons plus plus simples, plus vrais!
Je ne te demande pas d’être sourd avec moi mais simplement toi tel que tu es avec moi.

Par défaut