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Le don selon Camélia

Assise sur le banc, à l’ombre d’un chêne, Camélia aperçoit un vieil homme. Ce vieil homme peine à avancer à cause de son cabas encombré de courses. Camélia aimerait bien l’aider mais n’ose pas. Elle voudrait bien prendre son temps Pour l’accompagner, l’alléger de sa charge. Mais donner, n’est-ce pas prendre le risque de la relation ? [1]Mais aller donner sa force, n’est-ce pas aussi rabaisser l’autre dans sa faiblesse ?

Avec des questions comme ça, on ne s’en sort plus. Elle se lève malgré tout pour lui poser la question. Pour lui proposer, on ne sait jamais. Camélia traverse l’allée ombragée et salue le vieil homme. Salutations simples. Grand sourire de l’homme. Il la remercie et préfère continuer pour avoir un semblant de faire quelque chose encore de sa vie. Camélia le laisse partir. Elle n’est pas déçue. Elle a reçu une leçon de vie. Toute simple pour elle, une petite jeune dans la fleur de l’âge. Elle se souvient qu’elle doit aller déposer un courrier à la banque.

Tout en longeant le parc ornés de glycines et de marronniers épanouis, elle réfléchit sur la question du don. Tout don n’est pas forcément sain surtout s’il est intéressé. Surtout s’il met l’autre dans une situation de dette. La gratuité du don ? C’est rien attendre de l’autre, ne pas forcer l’autre à répondre. Il y a une question de liberté dans l’échange du don, dans la circulation du don. Le circuit du don n’est pas forcément un cercle fermé mais plutôt un chemin plus ouvert avec l’importance de la transmission.

Camélia repense au lien qu’elle a avec ses deux filles, âgées de 3 ans et 5 ans. Elle leur a donné la vie. Elle ne désire pas que ses filles lui fassent un retour. La dette serait trop énorme. Elle ne pourrait pas se permettre de leurdire : «  Avec tout ce que j’ai fait pour toi ! ». Cela serait un coté pervers du don qui emprisonnerait l’autre. Mais ? Le don ne pourrait-il pas créer de la jalousie, de l’envie dans une relation ? Inconsciemment, elle peut donner plus à sa fille cadette qu’à son ainée. Et pourtant, elle les aime chacun pour ce qu’elles sont. Les dons peut être à la fois bienfaisance mais à la fois des cadeaux empoisonnées. Tout dépend de l’intention qui est portée derrière.

Camélia a largement dépassé la banque sent se rendre compte, tellement ses pensées la faisaient trottiner En ayant pris conscience, elle revient sur ses pas. Après avoir accompli sa mission, elle se dirige vers l’école. Retrouvailles avec ses filles qui se sont jetés sur elles. Elle est toute surprise et reçoit un cadeau de son ainée. Comme ça, gratuitement.

 

 

 

 

Voici quelques sources sur lesquelles vous pouvez approfondir sur le don :

Comeau, Geneviève. Peut-on donner sans condition ? justice et amour. Christus. Montrouge: Bayard, 2010.

« Fleurdorge8.qxd – ART-3_fleurdorge8.pdf ». Consulté le 7 avril 2014. http://www.irts-lr.fr/img/ART-3_fleurdorge8.pdf.

Godbout, Jacques. L’esprit du don. Édité par Alain Caillé. Nouv. éd. La Découverte-poche 86. Paris: la Découverte, 2000.

Godelier, Maurice. L’Enigme du don. Champs 527. Paris: Flammarion, 2002.

« La relation d’aide et la question du don – Cairn.info ». http://www.cairn.info/revue-nouvelle-revue-de-psychosociologie-2008-2-page-27.htm.

« La société vue du don – CHAN.pdf ».

http://www.revuedumauss.com.fr/media/CHAN.pdf.

 

 

[1] Godbout, Jacques. L’esprit du don. Édité par Alain Caillé. Nouv. éd. La Découverte-poche 86. Paris: la Découverte, 2000.

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