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La socialisation chez l’enfant

L’enfant, dès son plus jeune âge, assimile les normes, les valeurs au sein de la famille, l’école et la société. C’est par les expériences et les contacts extérieurs qu’il établit sa propre identité, en se forgeant une personnalité à partir de l’intériorisation des valeurs et des normes. Tout au long de son enfance, le sujet se construit tout en ayant un regard critique sur son environnement. L’environnement familial, scolaire et social le modèle en tant que personne singulière. Chaque enfant évolue en fonction de ce qu’il a vécu, assimilé, appris, réfléchi par rapport à soi-même et au monde extérieur.

«  Piaget considère que l’enfant n’accède à des comportement sociaux que s’il est capable de se décentrer, de se séparer d’autrui et d’établir des relations de réciprocité. »[1]

«  La socialisation est le plus souvent définie, à la suite de Durkheim,[…] comme le processus par lequel la société impose à l’enfant ses règles et ses normes. A partir d’un apprentissage, implicite ou explicite, il doit intérioriser les manières de faire et de penser, les idéaux et les pratiques, les croyances et les rituels conformes à ses milieux de vie et à ses groupes d’appartenance. Il doit intégrer ces données sociales et culturelles à la structure de la personnalité, à l’occasion d’expériences éducatives et grâce à la médiation des agents sociaux significatifs, les parents et surtout les maîtres. »[2]   

La socialisation se fait à long terme puisqu’il y a un processus d’apprentissage des normes, des valeurs par l’enfant. L’enfant est, par nature, influencé par son environnement. Cette assimilation des règles, des normes est assez complexe car elle peut être totalement différente selon les cultures. L’enfant peut être induit par des normes de l’école alors que les valeurs de la famille ne sont pas les mêmes.

 

« Les lieux de première socialisation, à savoir la famille, la crèche, l’école maternelle, peuvent être envisagés comme milieu, ensembles plus ou moins durables des circonstances ou se poursuivent des existences individuelles (Wallon, 1954)».[3]

La première socialisation de l’enfant est le contact avec sa mère. Bowlby (1957, 1958) explique le lien entre le nouveau-né et sa mère avec le concept de l’attachement. « L’attachement se fait à partir d’un certain nombre de réponse instinctuelle relativement indépendantes les unes les autres (sucer, tendre les bras, suivre, crier, sourire) mais qui deviennent normalement intégrées et focalisées sur une figure singulière, la figure maternelle ; il se présente comme une réaction homéostatique contrôlée par des facteurs d’activation (fatigue, douleur, anxiété chez le bébé) et des facteurs d’arrêt (présence visuelle ou auditive). »[4]

       Se jouent ensuite des interactions entre le nouveau-né et le père. Le père a sa place car il devient une tierce personne dans la relation mère-enfant.

       La première année à la crèche est une découverte de la relation aux autres qui ont le même âge. Cela permet au jeune enfant d’expérimenter des contacts au même niveau, à égalité.

«  La première année est occupée à la construction progressive des éléments constitutifs des interactions sociales : l’édification d’un répertoire de conduites sociales, la prise de conscience, la prise de conscience du pair comme émetteur et destinataire potentiel de conduites sociales et la découverte de la dépendance mutuelle entre les actions des partenaires. ».[5]

       Bolliet et Schmitt reprennent la définition de Mead concernant la socialisation : « La socialisation implique la compréhension d’autrui qui met en jeu la faculté de communication et la faculté symbolique des hommes, notamment à travers le langage. Elle implique la faculté- non spontané- de donner une place à autrui dons son univers mental. La socialisation va donc passer par trois moments forts qui mettent en relief l’importance de la socialisation dans l’enfance :

  . »Dans la prime enfance » : Mead explique que la socialisation se situe dans les apprentissages et l’imitation des autres.

. « Dans l’enfance », l’importance du jeu avec ses règles permet à l’enfant de progresser vers l’abstraction.

. «  La dernière étape : l’individu est formaté comme être social. Le processus de socialisation s’achève par l’appropriation subjective de l’esprit. »[6]

 

Suite à ces généralisations sur le jeu et la socialisation, j’étudierai plus précisément ces domaines chez l’enfant ayant des troubles de la personnalité et du comportement.


[1]  MALEWSKA-PEYRE.H, TAP.P,  (sous la direction), « La socialisation de l’enfance à l’adolescence », PUF, Paris, 1991, p.12

[2]  MALEWSKA-PEYRE.H, TAP.P, (sous la direction), ibid, p.50

[3]  Wallon in MALEWSKA-PEYRE.H, TAP.P,  (sous la direction), ibid. p.75

[4]  BOLWBY in MALEWSKA-PEYRE.H, TAP.P, (sous la direction), ibid p.76

[5]  MALEWSKA-PEYRE.H, TAP.P, (sous la direction), ibid. p.85

[6]  Mead in BOLLIET.P, SCHMITT, op.cit, p.28

 

 

Extrait de mon mémoire:  » Viens… Laisse moi jouer! »

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