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L’éducateur, passeur entre l’imaginaire et la réalité

Ayant analysé les différentes situations de jeunes à travers le jeu, je vais pouvoir développer quel est le rôle de l’éducateur au quotidien avec le jeune, et permettre une transition entre l’imaginaire de l’enfant et la réalité. Comment permettre au jeune de revenir aux règles extérieures et d’être confronté au quotidien tel que le repas, l’école, s’habiller, se laver etc.  Puis je vais étendre mon champ d’investigation autour de la socialisation du jeune. Comment aider l’enfant à accepter des règles, à pouvoir jouer avec les autres enfants ? Enfin, comment accompagner l’enfant à accepter l’échec, à canaliser sa violence du à une frustration extrême ?

 

 

Chapitre 1. L’éducateur, passeur entre l’imaginaire et la réalité

 

            Comment l’éducateur peut aider l’enfant à passer entre l’imaginaire et la réalité ?

 

            A. L’enfant, un monde à comprendre, à saisir

 

            L’éducateur a comme but de saisir l’enfant, de comprendre l’enfant dans ce qu’il est et ce qu’il fait dans son monde. Pour l’enfant, l’imaginaire est un cocon sécurisant où il peut investir ses propres règles. Il s’y sent bien et il est à l’aise. Il se rassure et se dépense en se créant un monde, en élaborant des situations que lui seul peut comprendre. C’est pour lui un moyen de fuir les contraintes, de ne voir que ce qu’il aimerait voir et vivre. Comment l’éducateur peut l’accompagner dans l’acceptation de ce qui n’est pas dans son monde ? Parfois, à cause du nombre d’enfants que nous sommes à gérer lors de la vie quotidienne et du manque de temps, nous devons obligés les enfants à être plus rapides.. Cela génère une rupture chez l’enfant qui se bloque, s’oppose ou peut entrer dans un « délire ». Dès que l’enfant est confronté à une réalité et qu’elle ne rejoint pas ses attentes, il peut réagir de manière agressive. C’est une manière de se défendre et de garder son soi intact.

Un travail peut se faire aussi sur le respect des désirs de l’enfant même si on ne peut pas tous les combler. Lacan disait : «  Le désir de l’enfant se prend à la lettre ». C’est une manière de dire qu’il ne faut pas contourner ce que veut l’enfant et être franc avec lui. C’est pouvoir lui dire non ou oui de manière direct, tout en respectant ses limites et ses capacités à pouvoir réagir.

 

            B. La métaphore du plongeur : Un outil éducatif

           

1.    Définition

 

 J’accompagne l’enfant à quitter son imaginaire sans créer de rupture, et en utilisant plusieurs phases d’approche

Je me permets d’utiliser la métaphore du plongeur sous-marin pour mieux éclaircir mon propos. En effet, le plongeur doit passer par plusieurs paliers de décompression. Si le plongeur brûle ses étapes, son cerveau peut subir un choc important dû à la différence de pression. C’est le cas pour l’enfant car il peut être confronté à ses angoisses et à ses peurs dès que la réalité surgit brusquement.

Tout d’abord, je montre un intérêt sur ce que fait l’enfant. Je tente d’entrer dans son imaginaire et je discute avec lui. Le dialogue permet d’établir une relation de confiance entre le jeune et l’adulte. Il permet de rassurer et de valoriser le jeune dans ses actes, dans ses dires. Ensuite, j’établis le lien entre ce qu’il fait et ce qu’il y a à faire. Je l’encourage en adoptant un langage qu’il puisse comprendre et en utilisant un vocabulaire qui lui est accessible. Je me mets au niveau du jeune sans pour autant oublier ma place d’adulte. A partir de là, il se sent important. Je reprendrai Rouzel : « La personne écoutée, regardée et reconnue comme sujet, peut modifier son rapport au monde, à soi et aux autres, reprendre confiance. ».[1] Cette relation de confiance étant mise en place, je peux l’inciter à venir et à effectuer ce qu’il devait faire. Une certaine appréhension revient chez le jeune mais je dois être présent avec lui afin de ne pas le laisser seul face à l’inconnu. Dès qu’il aura retrouvé ses repères dans son espace réel, je le laisse indépendant dans ses actes.

 

                        2. Exemple

 

Pour mieux illustrer mon propos, je montrerai une situation éducative. Je prendrai le cas de Marc :

            . Mardi à 19h35. 6 jeu
nes sont dans le groupe et sont tous en pyjama. Marc est dans sa chambre, habillé. Il joue avec son épée bleue en polystyrène. Je frappe à la porte et l’ouvre pour lui dire de se mettre en pyjama. Il n’écoute pas. Je vais vers lui et tente de retirer son épée. Il s’y accroche en hurlant : «  Non, laisse moi tranquille. Je ne veux pas. ». Je lui confisque son jouet et l’oblige à s’habiller. Il ne s’est habillé que vingt minutes plus tard.

Nous pouvons voir là que je n’ai pas du tout fait preuve de pédagogie et de patience. La pression était due à l’attente des autres jeunes qui voulaient dîner. Les contraintes nous forcent parfois à aller à l’encontre ce qu’on devrait faire.

Toutefois, j’aurai pu demander à mes collègues qui étaient présentes de commencer à manger. Cela m’aurait permis de prendre du temps et d’insister en douceur auprès de Marc.

           

            Après avoir abordé tout ce qui tourne autour de l’enfant, je vais aborder la socialisation du jeune


[1] ROUZEL. J, « Parole d’éduc, Educateur spécialisé au quotidien », éditions Erès, Raymonville Saint Agne 1999, p. 67

 

( A suivre…)

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