Surdité

Face au Handicap

Parlons aujourd’hui du handicap.
Pitié, pas de:  » Nous avons tous un handicap! ». C’est une phrase à tout va et qui ne veut rien dire.
Le vécu du handicap est très subjective selon les histoires de chacun, de son environnement, de son éducation et bien sur de la société. 
Il y a des handicaps plus au moins visibles. Je sais, le mot « handicap » peut mettre mal à l’aise. Voulez-vous qu’on parle de déficience? 
Je voulais vous partager les forces que nous pouvons avoir malgré les déficiences. Ces forces surgissent bien sur selon les personnes et comment ces personnes les ont mis à contribution et comment ils ont été accompagnés. 
Ces forces, c’est la compensation du handicap.
Par exemple, pour un aveugle, il peut énormément développer le toucher, le ressenti de l’environnement plus que les voyants. Un sourd peut plus développer le sens de l’observation, le sens de l’esthétique. 
A quel moment je peux dire:  » Je suis une personne ayant un handicap ». Certains le sont mais ne se considèrent pas comme handicapés, déficients ». Et pourtant, dans la vie quotidienne, ils sont face à leur handicap dans des situations gênantes. 
En fait, ce n’est pas le handicap qui est gênant, c’est une certaine situation qui nous met en difficulté et le regard qui est porté sur nous. Bon, ok, je m’y mets un peu mais à un certain niveau.

Comment sommes-nous face au handicap?
Tout dépend de notre vécu, de nos expériences, de notre capacité à prendre de la distance face au malaise face à la différence.
Pour ma part, il ne faut pas différencier l’handicap avec le caractère de la personne car nous risquons de nier son handicap. C’est juste mettre la personne à sa juste place.
Il me semble important de voir que la personne est un tout comme une maison avec des fondements, des murs avec à l’intérieur, une ambiance subtile établie selon chacun. Nous pourrions dire que l’handicap, c’est qu’il manque un toit, ou bien il n’y pas de cuisine, il n’y pas d’eau courante ou pas de ligne téléphonique. Alors on trouve des solutions pour adapter selon les besoins de chaque maison. 
Je pourrai dire que ma maison est garni de portes vitrées, un grand salon pour accueillir pleins de monde, pleins de cartes et de photos qui ornent les murs mais la ligne téléphonique passe très mal et il y a une très mauvaise isolation sonore. Inutile de crier, les grésillements, les résonances se feront pire. Alors on se déplace pour être face à face. 
Donc pour ceux qui n’auront pas compris, quand un sourd/malentendant vous demande de répéter, pitié, ne parlez pas plus fort, c’est très désagréable. 
C’est comme si on augmentait la luminosité de la télévision auprès d’un aveugle! Très irritant, non?
Il est important de mettre des mots et de ne pas projeter sur ce que l’autre pourrait penser à travers ce que l’on fait, ce que l’ont dit. Soyons plus plus simples, plus vrais!
Je ne te demande pas d’être sourd avec moi mais simplement toi tel que tu es avec moi.

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One thought on “Face au Handicap

  1. Cécile says:

    Je suis globalement d’accord avec toi, sauf que je pense que parfois pour certains (et je pense à certains enfants que j’ai pris en charge,) c’est bien le handicap qui est génant parce qu’il n’y a pour eux aucune situation dans laquelle ils peuvent s’en abstraire et que leurs difficultés sont quasi permanentes. Mais j’aime bien l’image de ta maison!

Allez, tu peux oser mettre un mot ! ;-)