Chroniques du jour

Du jugement au dialogue

Je suis en colère contre ceux qui me critiquent. Je suis énervé contre ceux qui me jugent car je ne fais pas ce qu’ils aimeraient ce que je fasse.
Mais qui suis-je pour juger l’autre ?
Qui suis-je pour le critiquer ? Je ne le connais pas, avec son histoire, ses valeurs, son lieu de vie.
Qui suis-je pour le regarder de travers quand il fait un geste qui me répugne ?Est-ce que je connais vraiment le contexte, les tenants et les aboutissants.
Qui suis-je pour dominer, pour exercer mon autorité sur un inconnu ou un collègue, une connaissance ?
Qui suis-je pour donner des conseils avec ce que je crois savoir et avec des apriori que j’ai de la personne en face de moi ?
Ais-je tous les droits ? Le droit de tourner en dérision sur un sujet qui ne me convient pas personnellement ?
Je n’apprécierai sûrement pas qu’on me fasse tourner en caricature, que l’on me prenne pour un imbécile, un idiot.
Si je me la pète, si je frime, jusqu’à quand je tiendrai face aux ragots, aux insultes? Si je m’impose, si je m’incruste, jusqu’à quand les gens me respecteront de peur que je les fracasse, les menace?
Alors, je fais en sorte de respecter l’autre pour qu’on me respecte. Ce n’est pas par faiblesse mais par honnêteté, sincérité.
Il me faut sans cesse me remettre en question quand l’autre me dérange, me déplace.
Je n’ai pas à imposer mes convictions, à soumettre mes opinions. Il nous faut trouver un chemin de dialogue pour partager ce que l’on vit, que l’on ressent.
Pourquoi mes valeurs, ma foi, mes croyances seraient les meilleurs ? Chacun a sa propre légitimité.
Bien sur, il me faut réajuster en fonction de respect des personnes, de la liberté, de la réalité de chacun.
Pourquoi je verrais l’autre comme un ennemi s’il est différent ?
Ce qui me semble essentiel dans la rencontre avec l’autre, c’est le désir de savoir, le désir de connaître. Osons échanger ce qui fait nos vies.
Toute peur, toute haine, toute violence vient de l’ignorance, du rejet de la différence qui peut chambouler nos propres repères.
Est-ce que cela vaut la peine de se radicaliser, de se braquer quand on sent que l’autre ne veut pas avancer ? Ne pourrait-on pas essayer de mieux comprendre l’autre pour mieux se faire comprendre par la suite ?
Posons nous les bonnes questions. Cherchons l’essentiel et qui nous fait grandir, avancer en lucidité, en acuité.
Donnons les moyens à chacun pour trouver un espace de réflexion, de connaissance pour s’affirmer trouver sa juste place.
Osons être en vérité avec toute homme quelque soit sa culture, son mode de vie, son handicap, sa façon de vivre. Cherchons à être simple dans les relations et de ne pas se forcer si le courant ne passe pas.

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Une réflexion sur “Du jugement au dialogue

  1. Moi aussi je suis en colère contre ceux qui me critiquent. Le pire, ce n’est pas la critique frontale, à laquelle on peut répondre. Ce sont les jugements que l’on sent, les petits sous-entendus. Et bravo pour ce blog et pour ton travail social.

Allez, tu peux oser mettre un mot ! ;-)