Chroniques du jour, Vieillesse

De la mort à la vie?

La mort fait partie de la vie.
Qu’est-ce qui me permet de dire cela ?
Tout d’abord, de par mon expérience de deuil auprès des personnes qui m’étaient proches, très proches. J’ai vécu différents types de deuils en fonction comment mes proches sont décédés et leur âge. Mes grands-parents et grands-oncles et tantes qui sont morts à des ages canoniques (75 à 90 ans) soit de vieillesse, de cancer ou d’accident organique. J’ai vécu aussi la disparition soudaine des proches jeunes par des accidents, par leur handicap très lourd, puis le suicide. Ce dernier est le plus difficile à vivre en terme de deuil car il est incompréhensible. Il m’a fallu du temps, des échanges avec mon entourage qui connaissait cette personne, une acceptation du fait que je ne suis pas responsable de sa disparition. Nous faisons face aussi à ce que nous considérons comme de l’injustice, de quelque chose qu’on n’arrive pas à nommer.
Ces derniers jours, j’ai appris la disparition brutale d’une connaissance âgée de 25 ans. Énorme choc. Osons nommer les choses. Le deuil est toujours présent car il me faut passer par l’enterrement, l’inhumation qui permet de passer un cap dans le deuil. J’ai conscience du séisme dans sa famille, dans sa famille proche.
Pour moi, la mort ne doit pas nous empêcher de continuer à vivre. Il nous faut avancer en portant en mémoire ceux qui nous ont quittés. C’est un combat permanent pour passer de l’abattement, de la sidération jusqu’à l’acceptation qui peut mettre du temps à arriver.
Je repense aux chants, aux paroles qui peut m’apaiser, nous apaiser :
Ils sont passés de l’autre rive. Partis de l’autre côté de l’horizon comme on ne voit plus un bateau. Ils ne sont plus visibles et pourtant ils sont présents. Présents dans nos cœurs, nos souvenirs.
Quand je vis des moments fort dans la vie quotidienne ou pas, il m’arrive de penser à ceux qui ont faite route à mes côtés, à ceux que j’ai croisé et qui m’ont marqué de leur empreinte dynamique, pleins de vie. Quand je me suis marié, je n’ai pas oublié mes grands-mères décédées les mois qui ont précédées. Mes grands -pères qui nous ont quittés quelques années auparavant.
Je sais qu’il ne sert à rien de ruminer le passé, d’être dans une incompréhension en permanence. Je ne pourrai pas les faire revivre. Dans mon espérance et dans ma foi, je sais qu’ils sont quelque part et qui nous regardent avec fierté, avec amour.
J’ai bien conscience que l’absence est lourde mais dès que vient l’acceptation, l’absence devient un espace de dialogue.
Puis nous avons aussi d’autres deuils à faire. Le deuil pour une personne de ne pas entendre, de ne pas voir. Pour ma part, cela fait bien longtemps que j’ai fait le deuil de mon odorat. Je ne sentirai plus rien. J’ai compensé sur d’autres domaines. C’est comme pour ma surdité. J’ai fait le deuil de ne pas entendre correctement. J’ai pris le temps d’accepter mon handicap qui est heureusement allégé par mon appareil, mes liens sociaux.
C’est faire aussi le deuil des métiers que nous aurions voulus faire mais dont on ne sentira pas capables de faire à cause de nos fragilités.
À travers chaque deuil, c’est construire une alternative qui nous ferait mieux grandir malgré l’absence, le manque.
Je souhaite un bon courage à chacun qui vit un deuil, plus ou moins lourd à porter. Les morts comme les petits morts jalonnent notre vie en redonnant en nous un sens à la vie, si on prend le temps de se poser cette question.
Je me dis que pour chacun de nos disparus, ils auront vécus leurs vie et espérons aurons eu une belle vie car il y a une part de mystère en eux que nous aurions jamais connu.
C’est dans ce sens que je me dis que la vie vaut la peine d’être vécu et nous devons la croquer à pleine dent, d’oser vivre nos projets en fonction des opportunités, en fonction des événements extérieurs et des opportunités. Soyons acteurs de nos vies et ne laissons pas la peur de la mort nous envahir car je crois que la vie est plus fort que la mort, à travers l’amour, la fraternité, la solidarité.
Si j’ai de l’énergie, une envie de vivre à fond, il me faut soulever en même temps ceux qui n’en peuvent plus, qui sont trop fatigués. Voir, entendre quelqu’un rire, sourire, être à l’écoute et pleins d’initiatives peut nous aider à ne pas baisser les bras pour toujours, à aller de l’avant quand on est accablé, épuisé.
Je souhaite à chacun de goûter à la vie avec ses forces, sas saveurs qui sont particulières en fonction de ce qu’il est, de son histoire.

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