Histoires...

De l’ivresse de Maurice

Dans un coin du bar, Maurice avise son verre de gin-coca.

Il le contemple puis le savoure, le déguste tendrement.

Son cerveau se dilate et l’emmène vers un ailleurs.

Maurice ferme ses yeux et croit voir sa maison natale.

Il reprend une gorgée. Les voix autour de lui résonnent.

De ses doigts, il ressent la fraicheur du verre comme le ruisseau

Qui coulait dans sa prairie d’enfance. Il se sent bien léger.

Un grand sourire traverse son visage ainsi que son thorax.

Il inspire profondément et un grand shoot l’emporte.

Il vide son verre cul-sec et hop son esprit part en voyage.

Son corps semble flotter alors qu’il semble tomber sur la table.

Il s’appuie sur ses coudes pour éviter de tomber et tient sa pinte.

Il appelle le Barman. Un autre Chef ! Cliquetis et pas en crescendo.

Bruit de liquide. Son récipient remplit, il reprend sa route d’ivresse.

Maurice s’affale un peu plus sur la table et apostrophe un client.

«  Dis-moi, jeune homme, n’aurais-tu pas perdu ton chat ? ».

Rigolades. Le jeune a bien un chat. Mais non, il est au chaud.

Maurice tente de se relever. Il se prend la table avec délicatesse.

Il vide son verre et il lui semble voir à travers la vitre sa voiture grise.

Sa bonne vieille 4L. Mais n’est-elle pas à la casse normalement ?

Il ne sait plus. Mais ce qu’il au sait. Enfin, ce qu’il essaie de se souvenir.

Il doit arriver chez lui avant l’arrivée de madame pansement.

Il doit juste traverser la rue. Il franchit en diagonale le seuil du bar.

Heureusement, Un habitué l’aide à traverser la rue. Enfin, une ruelle !

Une ruelle où il pourrait quand même tomber dans un gouffre : Le caniveau.

En franchissant « le gouffre », il a l’impression de voler au-dessus du monde.

Une voisine l’accompagne chez lui et le fais allonger sur son grand lit.

Couché, il ressent une profonde chute sans fin, lourde et légère à la fois.

Un parfum le cueille un instant et revoit le visage de sa douce femme.

Il la reverra. Très bientôt. Maurice a confiance. Il reverra sa dulcinée.

Voix au loin et qui se rapproche. C’est Madame Pansement.

Manipulation de sa jambe qui ne lui fait plus mal depuis son accident.

Quelques temps après, une autre voix féminine et chevrotante.

«  Toi, mon momo, t’es allé boire ! Ce n’est pas raisonnable à ton âge !

Maurice sait bien mais il voulait fêter la vie. Le fait est qu’ils aient survécu.

Survécu tous les deux à un accident de voiture. Alors il jubile en son intérieur.

Il voudrait encore rester ivre de vie, avec joie et confiance, avec son amour.

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