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Ambroise – Episode 4

Mercredi 20 janvier. 03h50. Tout semble calme. Les infirmières sont dans leur bureau. Je me lève du lit. Mes jambes tremblent. Je vais vers l’armoire pour prendre mes vêtements. Habillage. Cœur qui bat très vite. Je me faufile ensuite dans le couloir malgré ma faiblesse. Je vois la sortie au loin. Une porte de secours. J’y vais à tâtons. Je respire tout doucement malgré mes douleurs. Un crissement me semble tétaniser. C’est juste une des infirmières qui a fait rouler un chariot dans leur local. Stress. Gros stress. J’arrive enfin vers la sortie. Je pousse tout doucement l’enclenchement de la porte dans une semi-obscurité. J’atterris dans un grand jardin. Je marche dans l’ombre, à pas de loup. Cela me fatigue. Je me pose. Une lueur de lampe de poche caresse les arbres. C’est le veilleur. Je reste immobile derrière un platane. Il s’éloigne et je m’approche dans la clôture en fer forgé. C’est une danse de sculptures arrondis. Je pourrai gravir sans problèmes. Je la franchis avec difficulté tant mes jambes tremblent. Le froid me transperce la peau malgré ma veste. Enfin, arrivé sur le trottoir, j’accélère mes pas avec mes bras tétanisés par l’escalade. Mon cœur semble vouloir exploser à chaque seconde. Je longe une longue avenue bordé par une ligne de tram. Puis j’arrive dans une station-service où un gros camion prend de l’essence. Je m’adresse au camionneur. Plutôt une femme bien costaude au visage agréable. Je lui demande si elle me prendre, m’emmener en direction du puy de Dôme. Il me semble me souvenir que je suis de là-bas. Cela tombe bien. Elle doit aller à Clermont-Ferrand. Elle ne me demande rien. Je monte dans son cockpit très décoré. Après avoir fini de mettre de l’essence et de payer par carte bancaire, elle monte me rejoindre puis démarre. Je suis frigorifié. Je tremble. De peur, de froid ? Elle me propose de prendre le thermos de café à mes pieds. Je lui remercie. Je me sers et sirote avec bonheur. Puis je m’endors malgré moi.

 

Mercredi 20 janvier. 5h30. La conductrice me réveille. Nous sommes arrivés à destination, sur un énorme parking. Elle voudrait me déposer là avant d’aller déposer le chargement. Cela lui éviterait des soucis. Le camion s’ébranle. Les vibrations s’éloignent et un silence glacial m’envahit. Des lumières blanches du parking illuminent quelques rares voitures. Je suis seul. Juste au loin. Un bar. Un bar ouvert à ma grande surprise. Un petit groupe se chamaille. J’y vais avec appréhension. Cela pue l’alcool à plein nez. Le barman est en train de nettoyer son comptoir jonché de pintes de bière. Il me regarde avec méfiance. Il est vrai que j’ai une mauvaise allure. Je suis bien paumé. Et pourtant, il me laisse entrer. J’esquive un gars un peu bourré. Puis à peine franchi le seuil, une douleur me traverse le dos jusqu’à la nuque. Je tombe.

 

(A suivre…)

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