Histoires...

Ambroise – Episode 6

Samedi 23 janvier. 14h30. Le blizzard est tombé, vaincu par le soleil auvergnat. La vieille dame, Jacky, est en train de dormir dans son rocking-chair. Le grand gaillard, Marc déblaye le chemin vers le garage. Nous avons mangés une bonne poêlée et nous avions fait connaissance. Marc est le fils unique de Jacky. C’est un homme à tout faire du petit village d’à côté. Le mari de Jacky repose au cimetière depuis quelques années, après une fatale rigolade. Cela ne les a pas empêché de continuer à rire à table et de me chambrer sur mon état. Je leur ai raconté une partie de mon histoire. Ils étaient suspendus à mes lèvres. A la fin de mon récit, Marc était prêt à m’aider dès que les conditions météo seraient plus favorables. C’est pourquoi Marc prépare la vieille 4L en ce moment, que j’aperçois par la fenêtre.  Grand coup de Klaxon. Jacky se lève et me donne une grosse polaire et des gants. Puis me fourre des barres de céréales dans les poches de la polaire. Je sors de la maison à tâtons sur la petite route déneige vers la voiture. Je m’installe et démarrage en trombe. Glissage contrôlé puis nous sommes lancés sur une route forestière parée de mousseline blanche.

 

Même jour. 15h15. Après avoir contourné quelques volcans habillés de leur robe nuptiale, nous arrivons dans une grande allée d’arbres qui mènent vers un château semblant sortir du moyen-âge. Tout me revient. C’est la demeure de ma famille. Je me souviens de cette soirée où nous nous étions réunis. Tout me revient. Je me souviens de la tension qu’il y avait entre mon cousin Yannick et Barbara. Je me souviens d’avoir eu des douleurs au niveau de mes cervicales. J’avais dû prendre des anti-inflammatoires. Marc m’invite à sortir de la voiture et à ouvrir le portail. Il n’y avait personne. Tout est immaculée sauf le château aux murs noircis au côté nord. Que s’était-il donc passé ? Le silence m’oppresse. Marc m’accompagne durant la marche vers le parvis du château. Un escalier monumental nous accueille. Nous le gravissons avec peine à cause de la neige. La grande porte est fermée, bien sûr. Je la force avec Marc et  s’ébranle. Un grand bruit résonne dans le hall. Tout est vide. Je reconnais la grande salle à manger. Je me revois en train de boire, de discuter avec Barbara qui me fait part de ses inquiétudes avec Yannick. J’avais essayé de la rassurer. Je me vois l’accompagner vers la terrasse. J’emmène Marc vers ce dernier lieu. C’est ainsi que je découvre avec effroi le salon complètement noirci. Arrivé sur la terrasse, un flash me revient. Yannick nous attendait. Il m’avait offert un verre. Je ne m’étais pas méfié. Au bout de quelques minutes, un lourd sommeil m’emportait et j’entendais de moins en moins Barbara qui criait : «  Ambroise ! ». Quel idiot j’étais !

 

( A suivre…)

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